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« Et toi, noble cité de Douai, jouis de ton bonheur, fais entendre des chants d’allégresse et de jubilation.

Ezéchiel parle d’une cité mystérieuse dont il décrit les richesses et la grandeur et qui n’avait pas d’autres noms

que celui du Seigneur dont elle était le séjour. Nomen civitatis Dominus ibidem. Eh bien !

Cette gloire est la tienne ; tu es le séjour et la cité du Seigneur ; tu es et tu seras à jamais la ville du Saint-Sacrement de Miracle.

Puisses-tu mériter toujours ce titre magnifique par ta fidélité, ta reconnaissance et ton amour !... Ainsi-soit-il. »      

Monseigneur Dufêtre,  Évêque de Nevers,  Douai, le 22 juillet 1855

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le recit

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Voici qu’elle fut la réponse du Ciel à ces excès d’hérésie. Nous empruntons le récit du miracle à un témoin oculaire, Thomas de Cantimpré, de l’Ordre des Frères Prêcheurs, évéque suffragant de Cambrai:

"Au temps de Pâques, dit-il, un prêtre qui venait de donner la Sainte Communion au peuple dans l’église des Chanoines de Saint Amé, vit avec effroi qu’une Hostie se trouvait sur le sol. Il se mit à genoux et voulut recueillir le corps de Jesus Christ, mais aussitôt, d'elle-même, l’Hostie s’éleva en l’air et alla se placer sur le purificatoire.

Le prêtre pousse un cri, il appelle les chanoines; et ceux-ci, accourus à sa voix, aperçoivent sur le linge sacré un Corps plein de vie sous la forme d’un charmant Enfant. On convoque le peuple; il est admis à contempler le prodige et tous les assistants, sans distinction, jouissent de cette vision céleste.

Averti de cet évènement par le bruit qui s’en répandit bientòt, je me rendis à Douai. Arrivé chez le doyen de Saint-Amé, dont j’étais très particulièrement connu, je le priai de me faire voir le miracle. Il y consent et donne ses ordres pour me satisfaire.

On ouvre le Ciboire; le peuple accourt, et peu après que le Ciboire fut ouvert, chacun de s’écrier: "Le voici, je Le vois !le voici ! je vois mon sauveur!". J’étais debout, frappé d’étonnement: je ne voyais que la forme d’une Hostie très blanche, et pourtant ma conscience ne me reprochait aucune faute qui pût m’empêcher de voir, comme les autres, le Corps sacré.

Mais cette pensée ne m’inquiéta pas longtemps, car bientôt je vis distinctement la face de Notre Seigneur Jésus-Christ dans la plénitude de l’âge. Sur sa tête était une couronne d’épines et du front coulaient deux gouttes de sang qui descendaient sur chaque joue.

A l’instant, je me jette à genoux, et j’adore en pleurant. Quand je me relevai, je n’aperçu plus ni couronne d’épines, m gouttes de sang, mais je vis une face d’homme, radieuse et éblouissante de beauté, vénérable au-delà de tout ce qui peut s’imaginer.

Elle était tournée à droite, en sorte que l'oeil droit se voyait à peine. Le nez était long et droit, les sourcils arqués, les yeux très doux et baissés; une longue chevelure descendait sur les épaules, la barbe, que le fer n’avait point touchée, se recourbait d’elle-même sous le menton, et, près de la bouche, qui était très gracieuse, elle s’amincissait.

Le front était large, les joues maigres, et la tête ainsi que le cou qui était assez long, s’inclinaient légèrement. Voilà le portrait, et telle était la beauté de cette face très douce.

En l’espace d’une heure, on voyait ordinairement le Sauveur sous différentes formes: les uns l’ont vu étendu sur la Croix; d’autres, comme venant juger les hommes; d’autres, enfin, et c’est le plus grand nombre, le virent sous la forme d’un Enfant."

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Il n’est pas resté d’autre récit contemporain du miracle. Mais l’auteur des "Annales de Flandres", Buzelin, mort à Lille, en 1626, nous fait connaître quelques détails que Thomas de Cantimpré passe sous silence. Il consulta, comme il le dit, les manuscrits de la collégiale, et il y trouva que le miracle arriva le jour même de Pâques; le prêtre qui distribuait la Sainte Communion était le curé de la paroisse, et, au moment du prodige, les chanoines étaient au choeur occupés à réciter l’office. C’était par conséquent, vers neuf heures du matin.

Quand Thomas de Cantimpré demanda à voir l’Hostie miraculeuse, on appela le peuple au son de la cloche, et ce fut en présence d’une foule nombreuse que le Ciboire fut ouvert. Le miracle eut lieu, non sur le Maître-Autel, mais dans la chapelle latérale, à droite en entrant par le grand portail.

Il dura plusieurs jours, se renouvelant chaque fois que la Sainte Hostie était exposée à découvert; tous ceux qui entraient dans l’église en étaient témoins; mais la transfiguration miraculeuse ne s’opérait pas pour tous sous la même forme.

L’authenticité du miracle ne serait-elle appuyée ni sur le témoignage de Thomas de Cantimpré, ni sur celui de Buzelin, que la tradition seule suffirait pour en établir une preuve péremptoire.

Un monument incontestable de cette tradition, c’est l’Hostie miraculeuse dont le culte constant et si populaire ne peut avoir d’autre origine que l’évènement de 1254.

Il est certain, en effet, qu’en l’année 1356, c’est-à-dire un siècle après l’apparition, la mémoire du Saint Sacrement de Miracle se célébrait déjà; la fête avait lieu le mercredi de Pâques, et le document qui en fait foi indique que cet usage existait depuis longtemps.

De plus, la Confrérie instituée en souvenir du prodige, et qui s’appelait "Confrérie du Saint -Sacrement", n’est-elle pas également un monument traditionnel d’une valeur indéniable? Il est donc impossible d’élever contre la vérité du miracle de 1254 un doute tant soit peu fondé.

Ce miracle fit dès lors prendre à Douai le rôle important que l’avenir devait consacrer d’une façon aussi éclatante que glorieuse. En effet trois siècles plus tard Douai allait devenir par son Université, ses 17 monastères d’hommes et 18 de femmes, et l’hospitalité donné aux catholiques anglais, un des boulevards les plus importants du catholicisme, en même temps que l’un de ses bastions les plus solides contre la Réforme. La 1ère traduction de la bible du latin à l’anglais allait avoir lieu à Douai.  2000 prêtres anglais seront ordonnés à Douai, 200 mourront martyrs.

Mais qu’est devenue l’Hostie miraculeuse qui reçut les hommages de tant de générations? Elle fut conservée dans la Collégiale de Saint-Amé jusqu’à l’époque de la Révolution.

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"Les derniers témoins oculaires viennent de disparaître - lisons-nous dans un opuscule publié en 1875 - mais à la dernière procession jubilaire de 1855, plusieurs vivaient encore; et on en trouverait par milliers à Douai qui les ont entendus raconter qu’ils avaient, comme leurs devanciers, vénéré l’Hostie miraculeuse offerte à leurs hommages tous les ans, pendant l’octave de la fête, sur une table placée au milieu de la nef de la Collégiale, dans une boite d’argent que l’on portait attachée à l’Ostensoir dans les processions."

Ce fut la Révolution qui brisa violemment les saintes traditions eucharistiques de la Collégiale de Saint-Amé. En 1790, l’église fut fermée, et trois ans après elle fut livrée au pillage. On brisa les vases sacrés, et les reliques conservées là depuis près de dix siècles, devinrent la proie des flammes.

Des forcenés se ruèrent sur l’autel, brisèrent le tabemacle et ouvrirent la pyxide d’argent qui renfermait l’Hostie du miracle. Mais Dieu ne permit point ce dernier sacrilège: le Ciboire était vide, des mains pieuses avaient sauvé l’Auguste Sacrement.

Quant à la vieille basilique, elle fut vendue en 1798 à des fripiers de Lille, qui la démolirent. Quand la paix fut rendue à l’Eglise, le culte du Saint-Sacrement de Miracle fut remis en honneur dans la paroisse Saint Jacques et chaque année, au jour assigné par l’ordinaire, les fidèles de Douai se font un pieux devoir d’accompagner l’adorable Eucharistie qui va prendre place, pour quelques instants, sur le reposoir élevé à l’endroit méme ou fut autrefois le sanctuaire de l’église Saint-Amé.

En 1854, on crût avoir retrouvé l’Hostie miraculeuse parmi d’autres reliques, renfermées dans un petit coffret en bois servant, depuis 1805, de piédestal au Crucifix d’une chapelle de l’église Saint-Pierre. L’Hostie, portant tous les caractères du Moyen Age, était accompagnée d’un billet qui attestait que c’était vraiment le sacrement de Miracle sauvé en 1793.

L’Hostie fut gardée dans un lieu décent: un tabernacle de l’église de Saint Pierre

[Permis d’imprimer - Cambrai, 12 Novembre 1928 - E.Deschrever, V.G.]

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