FENAIN  (10 avril 1975)

Je remercie Monsieur GRILLO Dave pour les documents fournis

24 000 mineurs dont 8 500 étrangers (4 000 Marocains, 1300 Algériens, 1 200 Polonais, 1000 Italiens, des Tunisiens, des Espagnols, des Portugais) : tel se présente le visage du personnel fond des H.B.N.P.C. Ces étrangers, ces émigrés à travers lesquels je revois des visages, maintiennent en survie l'extraction charbonnière ; en partie grâce à eux, les molettes de certaines fosses continuent à tourner.

 

Ces fosses, les Français les délaissent parce que la mine n'a plus d'avenir. Ne diton pas en effet que dans dix ans l'on n'extraira plus de charbon dans le Nord de la France l'arrêt de mort d'un bassin houiller qui, des décennies durant, a produit la moitié du charbon français.

 

Les derniers étrangers arrivent avec un contrat en poche : du travail pour deux ans ? Un contrat renouvelable Mais un contrat qui ne leur permettra pas de toucher une indemnité de « licenciement » quand les fosses fermeront.

 

Parce qu'ils ont une famille à nourrir, parce qu'ils sont sans travail, ils ont quitté leur pays natal, bien souvent un pays au soleil chaud, pour être ce que le Français ne veut plus être : mineur.

Les Houillères leur assurent une formation accélérée dans une mineimage, vestige d'un ancien centre d'apprentissage minier. Si le métier de mineur est considéré par l'autochtone comme un métier très dur, ne l'estil pas encore plus pour ces étrangers ? Et on ne devient pas mineur du jour au len­demain ! En dehors de la mine, la plupart vivent dans des baraquements, parqués.

 

Hommage soit ici rendu à tous ces étrangers, ces émigrés de la dernière heure. A travers les morts de Guiseppe GRILLO et de Mohamed BEN LAHCEN pris dans un éboulement à la fosse Agache de Fenain, le jeudi 10 avril 1974.

Ce jourlà, ils travaillaient à 640 m de profondeur, à l'entrée d'une taille pentée à 40 degrés, une taille mécanisée, à scraper.

 

Il est environ 20 h 45. Soudain, un craquement sinistre. Une masse de cailloux envahit la taille, se déverse dans la voie de base tordant comme des fils de fer les puissants éléments du soutènement métallique, provoquant un tel déplacement d'air qu'un troisième mineur est projeté hors de la zone dangereuse, blessé mais la vie sauve.

 

Guiseppe et Mohamed, eux, sont ensevelis. La voie de base est envahie sur une vingtaine de mètres ; et combien de tonnes de cailloux sont susceptibles de s'abattre au cours des opérations de déblaiement au fur et à mesure que l'on approchera de l'endroit de la taille où le toit a cédé ?

 

Il y a peu d'espoir de les retrouver vivants? Mais, toujours, les mineurs mettent le meilleur d'euxmêmes pour tenter un sauvetage désespéré, ou pour reprendre à la mine ceux qu'elle a tués. Quels que soient les dangers.

 

Dès l'accident connu, les premiers mineurs arrivés sur place commencent à dégager la voie de base en se dirigeant vers l'endroit d'où semble être parti l'éboulement ; ils sont ensuite relayés par des équipes de sauveteurs spécialisés.

Avec d'infinies précautions ces hommes avancent, travaillant au pic, tirant les éboulis à l'aide des mains. Ils progressent 50 cm par 50 cm, étayant fortement la galerie pour éviter d'être à leur tour ensevelis.

 

Le jeudi passe, et aucun bruit ne parvient des emmurés. Vendredi. Samedi. Toujours rien. Les opérations de dégagement se poursuivent, compliquées par la présence de gros cailloux, de matériels, s'entremêlant avec du grillage. Des tonnes d'éboulis sont évacuées. Un travail de titan à plus de 600 m sous terre.

 

Dimanche, pas de relâche. Lundi soir, toujours rien.

 

Mardi 15, les sauveteurs descendus à minuit découvrent le corps de Mohamed près d'un énorme caillou, la tête coincée contre Un bois. Ils avancent maintenant centimètre par centi­mètre, travaillant à la main. Après des heures d'efforts, le corps est complètement dégagé vers 6 h 30.

 

Les équipes suivantes redoublent d'ardeur. Le corps de Guiseppe est découvert à son tour dans la voie de base, debout, le téléphone à la main, position dans laquelle il a été tué. Vers 15 heures, son corps est remonté.

 

Après une lutte d'environ 115 heures, une lutte extrêmement dangereuse, une lutte au cours de laquelle les sauveteurs étaient continuellement en danger de mort, la mine a rendu les corps de

 Mohamed ben LAHCEN, né en 1947 à ARGALA (Province d'Agadir).

 Guiseppe GRILLO, né le 22 juin 1933 à San Nicola (Italie).

 

Morts au service de la collectivité française.

Le texte de la tribune du mineur d'ou est venue l'erreur de date (le texte réécrit en dessous de l'article )

UN ABATTAGE TRADITIONNEL,UN R E M B L A I  A  SCHISTES N'AURAIENT PAS PERMIS LE DÉCOLLEMENT DU TERRAIN POUR UNE QUESTION DE RENTABILITÉ:

DEUX NOUVELLES VICTIMES

 

Voici le texte du rapport de Roland Pinson, sur l'accident collectif qui a fait deux morts au puits Agache.

Zone de Texte:  
Le jeudi 10 avril 1975, à 22 heures, je me trouvais chez moi, quand je fus prévenu par le souschef de carreau de la fosse Agache, que des ouvriers (dont on ne savait pas le nombre avec, exactitude) étaient emmurés .dans la taille n° 3 aval 5 me série couchant F.S. étage 640. Immédiatement je me suis rendu à la mine où j'ai rencontré dans le bureau du chef de siège avec d'autres personnes des houillères, M. THUET, ingénieur des T.P.E.

Nous avons attendus que le contrôle de remonte du personnel s'effectue à la lampisterie pour savoir qu'il y avait effectivement deux ouvriers d'emmurés. Il s'agissait de :

— GRILLO Guiseppe, né le 22 juin 1933, de nationalité italienne, marié, père de trois enfants, habitant 40, rue de Draguignan à Somain,

et de :

— Mohamed BEN LAHCEN, né en 1947, de nationalité marocaine, marié, embauché aux H.N. le 21 avril 1971, habi­tant au centre du Fresnoy à MontignyenOstrevent.

Je suis ensuite descendu au fond je me suis rendu sur les lieux de l'éboulement, j'ai constaté que la voie de base était complètement éboulée sur une longueur de 20 mètres, et qu'il était impossible de passer. Les cadres avaient coulissé du point 496 à 506, et étaient écrasés du point 507 à 523. Par endroit ils étaient tordus comme un vulgaire fils de fer. L'équipe de sauvetage en place avait commencé à étayer l'arrière voie afin de pouvoir entreprendre en toute sécurité les travaux de déblaiement. Par la suite, je me suis rendu dans la taille, où j'ai pu constater que l'éboulement avait écrasé complètement les 15 mètres du pied. Le toit du chantier est composé d'une couche de fausses terres variant de 0 m 60 à 1 mètre d'une layette de charbon de 10 à 15 centimètres et d'un banc de cueurelle épais. C'est ce dernier oui, en se décollant. a fait sous sa pression s'écrouler tout le soutènement.

Description du chantier :

Longueur de la taille : 105 mètres ;

Largeur d'une havée : 0.70 m;

Pente de la veine : 46°

Horspente à veine : 30° :

Ouverture : 0.8n m à 0.90 m.

Soutènement : Etançons sous esclimbes de 2.70 m (5 par esclimbes) avec pose de grillage au toit.

Abattage du charbon fait par un scraper.

Remblai effectué par foudroyage:

Le soutènement au Pied et au sommet de la taille, est fait par une double rangée de traverses de chemin de fer, et la pose d'une bille sciée (méplat) de 3.50 m. sous laquelle on met des bois L'évacuation des produits se fait par des répartiteurs à chaînes (blindés) et au sommet de la descenderie par un répartiteur à bandes (tapis).
Recherches et travaux effectués
Pour retrouver les victimes qui n'ont jamais à aucun moment donné signe de vie, les équipes de sauvetage oui se sont relayées sur place 24 heures par 24, ont dû déblayer les terres de l'éboulement de la voie de base, et poser un soutènement métallique sous les cadres enchevêtrés, qu'ils ont dû pour la plupart scier. Un remontage a été fait dans le charbon (le long du retroussage) et ensuite dans l'éboulement. Les victimes ont été retrouvées le 15 avril à peu de distance l'une de l'autre (à peu près au même endroit où
ils travaillaient).

Mohamed BEN LAHCEN a été dégagé à 4 heures et remonté au jour à 6 h. 30.

GRILLO Guiseppe a été dégagé à 15 h. 30 et remonté à 16 h. 15.

Les dépouilles mortelles étaient atrocement mutilées.

J'ai pu constater que le chantier était bien tenu. Le soutènement était fait correctement. La partie de la taille intacte, présentait un toit assez régulier et en bon état. Côté veine, il avait une bonne tenue. Après le dégagement des victimes, j'ai questionné les principaux témoins de l'accident qui m'ont fait les déclarations suivantes :

MILLON Emile :

Je suis chef de taille. Je travaillais dans ce chantier depuis février 1975. Mon travail consistait à surveiller les différentes tâches des ouvriers occupés de la bille 20 à la bille 36. Pendant toute la durée du poste, je faisais la navette dans le parcours qui m'était affecté. Quand nous sommes arrivés au début du poste, il restait une demihavée de charbon à abattre, ce que nous avons fait avec le scraper. Nous avons ensuite lié provisoirement le grillage au toit, aclapés les esclimbes et fixer les flexibles. Ensuite, nous avons fini de poser le reste des étançons. Ces opérations finies, les ouvriers foudroyaient la 4 eme ligne d'étançons, afin de préparer le soutènement de la prochaine havée. Dans la taille il y avait 4 rangées d'étançons, mais dans le pied, aux billes 34 35 36, le soutènement comprenait 5 lignes afin d'assurer une meilleur sécurité du pied de taille, le
foudroyage venait normalement.

Nous avons ensuite attaquée la 2eme havée. Je me suis installé à la bille 20 pour surveiller les travaux. Une fois l'havée coupée, les mêmes opérations ont recommencé. (Libérer les flexibles, dérouler le grillage, ligatures provisoires, aclapage, remise en place des flexibles, etc..). Moimême, je fixais les flexibles et donnais un coup de main en descendant mon parcours. Brahim IDDOUAOUK, qui est le moniteur chargé de surveiller le travail des ouvriers du pied de taille et l'évacuation des produits, montait en aidant les ouvriers et en fixant lui aussi les flexibles.

L'ouvrier GRILLO se trouvait à la bille 36, en retrait d'une havée par rapport à l'havée d'aclapege. Il était chargé de commander les opérations de scrapage du pied de taille à l'aide d'un généphone.

Vers 20 h. 25, je me trouvais à la bille 32 Brahim s'y trouvait également. Le porion GOGUILLON était à la bille 20. A ce momentlà, il nous a demandé si tout était fini. Je lui ai dit que le flexible était coincé sous un caillou à la bille 33. En effet, le terrain à cet endroit tombait régulièrement sur une épaisseur de 40 cm et une longueur de 2 m. 70. Il a commandé de faire bouger le train de palettes du scraper afin de faire glisser le caillou pour dégager les flexibles. LAHCEN boisait dans les billes 3435, et GRILLO était un peu plus bas à son généphone. A ce moment, Brahim me signale que le terrain miette à l'endroit où est tombé le caillou. Je descends à la bille 33 et lui monte à la bille 32. J’examinais le toit, quand soudain j'ai entendu un coup bref (comme un coup de fusil) et j'ai vu un épais nuage de poussières. Je n'aurais pas pu me sauver, car on n'y voyait plus rien. Le porion est arrivé presque aussitôt et m'a dit de remonter plus haut car les esclimbes des billes 32 et 33 prenaient du poids sous la pression des terrains. Dès que les poussières ont été évacuées, j'ai constaté que l'éboulement avait écrasé les billes 34  35  36, là, où se trouvaient GRILLO et LAHCEN. J'ai remonté la taille afin de faire le tour pour la 4eme série ter, et de revenir sous l'éboulement voir le nombre de personnes prises et aider au premier sauvetage. On était à un quart d'heure de la fin du poste. Arrivé au sommet de la taille, le porion a téléphoné au jour pour signaler l'éboulement. Arrivé dans la voie de base, devant l'éboulement, j'ai constaté que le passage dans la voie était bouché. Avec les personnes présentes, nous avons crié, appelé, mais aucun signe de vie ne s'est manifesté. Du­rant tout le poste de travail, je n'ai constaté aucune anomalie sur le chantier. Au cours de ma carrière, je n'ai jamais vu un éboulement aussi rapide et aussi brutal.

GOGUILLON Eugène (Porionau poste 2) :

J’étais dans ce quartier depuis 1mois au poste 2. Ce jourlà, avec mon moniteur du sommet, je m'occupais du matériel. Deux autres moniteurs s'occupaient de placer le personnel, Au cours du poste, j'ai visité le chantier plusieurs fois.

A 18 heures, je me trouvais au pied de la  taille, et à cette heure, rien ne m'a paru anormal. Le toit était solide, et il n'y avait pas de coupes. Au moment de l'éboulement, j'étais à la bille 20.Il était 20 h. 25, quand j'ai entendu un bruit sourd et bref. Puis quelqu'un m'a appelé. Je suis descendu immédiatement. J'ai .croisé Brahim et un ouvrier marocain à la bille 30. Arrivé sur les lieux de l'accident, j'ai vu MILLON au milieu de la bille 33 toujours dans l'havée d'aclapage. Je lui ai dit de remonter. Voyant qu'on ne pouvait pas passer, je suis remonté et ai ordonné à deux moniteurs de descen­dre pour renforcer les abords de l'éboulement. J'ai fait ensuite prévenir le jour, laissé un garde au téléphone, fait le tour par la taille 4eme série ter et dirigé vers l'éboulement dans la voierie base. Arrivé devant les lieux, j'ai trouvé plusieurs personnes. Nous avons regardé si nous pouvions passer au bois de fond, mais devant l'impossibilité de le faire, je suis parti de nouveau téléphoner au point de chargement pour demander du person­nel de suite sur place. D'après Brahim, il y avait 3 ouvriers d'emmurés c’estàdire, en plus des deux victimes l'ouvrier du détroussage ASLOUFTOU lah­cen. Par bonheur, en questionnant le gardemoteur du 4emepartiteur, j'ai appris qu'il était dans le train de personnel. Depuis mon entrée à la fosse en 1961. je jamais vu un tel coupde charge.

Brahim IDDOUAOUK (Moniteur du pied de taille) :

A confirmé les explications de MILLON Emile. Il a cependant ajouté : « Il s'en est fallu de peu pour que l'on soit pris à 7 dans cet accident. Si le porion n'avait pas été retardé, nous étions tous sous l'éboulement ».

MAAGAG Lahbibi, lampe 838, ouvrier de la niche du pied de taille :

La veille de l'accident, je m'étais blessé à la main gauche, mais je n'avais pas chômé. Je travaillais dans la niche du pied de taille avec mon camarade ALOUFTOU. A 19 h. 30, comme ma main me faisait mal, je suis monté chercher un billet de soins au porion. Comme ce dernier n'avait pas son calepin sur lui, il m'a dit de l'attendre dans la voie du sommet. Quand l'ac­cident est arrivé j'étais encore dans la voie. C'est le moniteur Brahim qui m'a appris l'éboulement. Sur les lieux de mon tra­vail, j'étais souvent dans la voie, pour couper du bois et, de ce fait, au cours du poste je n'ai remarqué aucun mouvement de cadres.

ALOUFTOU Lahcen, lampe 850, ouvrier de la niche du pied de taille :

Je travaillais à la niche du pied avec MAAGAG. Au début du poste, il y avait 6 billes d'avance. Nous en avons fait 2 supplémentaires. Vers 20 heu­res, j'ai reçu l'ordre du moniteur Brahim, d'aller reboiser derrière la poulie. Du fait que MAAGAG

était monté chercher son billet de soins ; je suis descendu chercher le matériel nécessaire et couper le bois dont j'avais pris la mesure. Je me préparais à entrer dans la taille avec mon bois, quand subitement l'éboule­ment est survenu. Comme j'étais déjà engagé dans le blindé, mon pied droit fut pris entre le blindé et la mézière. Je me suis dégagé moimême et ai pris la fuite. Tout avait été normal pendant le poste.

Conclusions de mon enquête :

L'exploitant connaissait très bien la nature de ce chantier. De tels accidents ne sont jamais arrivés à la fosse Agache, surtout avec cette rapidité brutale. La couche de terrain se trouvant audessus du banc de fausses terres et de la layette de charbon, a toujours été redoutée par les mineurs expérimentés de notre puits, et plus d'une fois en se décollant, elle a provoqué plus d'un éboulement dans d'autres chantiers.

Dans les chantiers supérieur, aux étages 480560, là, où la veine N° 3 a été exploitée par abattage traditionnel (marteauxpiqueurs) et remblayée à schistes, ce genre d'accidents ne s'est jamais produits. Dans ce chantier, surtout avec la forte Pente existante, il aurait été souhaitable d'avoir ce genre d'abattage traditionnel, et le remblai à schistes, n'aurait pas permis le décollement du terrain.

Pour une question de rentabilité, l'exploitant a préféré installer un abattage par engin mécanisé, et un remblayage par foudroyage, ce qui a provoqué, sans aucun doute possible, cette cata strophe qui a fait deux victimes.

Zone de Texte: « LA TRIBUNE DES MINEURS »          N° 1.587  30 AVRIL 1975
En toute honnêteté, je conclus à la responsabilité pleine et entière de l'exploitant.

Le délégué mineur,
PINSON Roland

 

Deux hommes sont ensevelis depuis jeudi soir à la fosse Agache de Fenain

 

Depuis jeudi soir, des hommes luttent pied à pied pour tenter d'arracher à la mine deux de leurs camarades ensevelis sous un éboulement aussi subit que violent.

II était 20 h 45 en effet lorsqu'une équipe travaillant dans la taille N° 3 à l'étage 640 de la fosse Agache de Fenain, dépendant de l'unité de production de Douai a été surprise.

Quatre ou cinq mineurs travaillaient dans ce secteur, dont M. Emile Millon, moniteur, qui été occupé 'à poser l'arrêt d'urgence et les flexibles le long du boisage. Il entendit comme un coup de fusil et d'un seul coup, le glissement de terrain s'est produit ; le soutènement s'est tordu comme du fil de fer. Cette fois, la mine n'avait pas prévenu...

Le coup fut si soudain que l'un de ses camarades de travail fut projeté en dehors de la taille Isar le souffle de l'éboulement alors qu'il prenait des mesures de boisage. Par chance, son plus proche voisin parvint à le dégager alors que ses pieds étaient déjà retenus par la base de l'éboulis.

Malheureusement, deux hommes travaillaient plus haut dans la taille et il est vraisemblable qu'ils n'ont pas eu le temps de faire le moindre mouvement : il s'agit de MM. Guiseppe Grillo, de nationalité italienne, 42 ans, 40, rue de Draguignan à Somain et Mohamed Ben Lahcen, 28 ans, marié, sans enfant et demeurant au centre Duquesnoy à MontignyenOstrevent

Immédiatement, les travaux de déblaiement ont été entrepris pour dégager cet éboulement qui s'étend sur une quinzaine de mètres dans la voie de base et une dizaine, dans la taille pentée à 40 degrés.' C'est d'ailleurs le caractère penté de cette taille qui rend les travaux difficiles et, s'il est impossible de dire quand on pourra atteindre les ensevelis  étant donné que l'on ignore leur position exacte ­il s'avère que les travaux seront longs et pénibles.

Les travaux de sauvetage sont menés par une quinzaine d'hommes dirigés par MM. Apostoll, chef de la concentration de Barrois ; Thuet, ingénieur du service des Mines ; Lancelle, chef de l'Unité de production ; Prévost, du servicede Sécurité du bassin ; Caudron, du service de sécurité de l'U. P. tandis que, dès l'annonce de ce nouvel accident de la mine, MM. Chauvy, procureur de la République ; Broutin, maire de. Fenain et les délégués des différentes centrales syndicales se rendaient sur place.

 

Cette nuit, on n'espérait pas parvenir aux ouvriers ensevelis avant samedi soir ou même dimanche matin, tant le travail de dégagement est dé­licat.

Les sauveteurs des postes du matin et de l'après midi ne parvenaient à progresser que de trois à quatre mètres par poste car il était indispensable d'étayer le toit au fur et à mesure de l'avance dans l'éboulis.

Eu fin de journée, ils ont pu progresser un peu plus vite et sont arrivés au bas de la voie de base. Ceci signifie qu'il y a encore quelques mètres à dégager avant d'atteindre le pied de taille dans lequel il faudra maintenant monter pour trouver les mineurs.

De plus en plus, on est en effet persuadé que la rapidité avec laquelle l'accident s'est produit leur a interdit tout mouvement de fuite et qu'on devrait les trouver là où ils étaient occupés à leur travail.

 

L.U.R. des syndicats des mineurs C.F.D.T. communique :

. La C.F.D.T. s'inquiète vivement de la recrudescence des accidents miniers, dus aux éboulements. 6 mineurs emmurés pendant six heures au 9 d'Oignies, ne 8 avril et deux mineurs ensevelis depuis de 10 avril à la fosse Agache.

La C.F.D.T. dénonce à nouveau le manque de moyens nécessaires pour assurer la sécurité dans les mines. Il ne suffit pas que la direction affirme être préoccupée des problèmes de sécurité si, parallèlement, les 11 moyens techniques et financiers ne sont pas effectivement pris et appliqués.

 La direction affirme, souvent sans preuve, que sécurité et rendement vont .de pair, mais en fait, cette affirmation ne sert qu'à masquer L'opposition réelle entre le prix de revient et la sécurité. Tous les travailleurs des mines le savent et le vérifient tous les jours: le but fixé est d'améliorer les résultats tous azimuts, sans augmenter les dépenses. Ainsi, pour la sécurité, il s'agit généralement de se contenter des moyens du bord....

La C.F.D.T. rappelle à ce propos que le 12 mars 1975, sa la section d'Agache est intervenue auprès du directeur de siège en lui exposant les inquiétants problèmes de sécurité posés dans ce puits, à partir de l'inquiétante augmentation des accidents du travail.

Pour la C.F.D.T., il est indispensable de consacrer tous les crédits indispensables à la sécurité dans les mines, plutôt que de continuer à  gérer la pénurie >.

Il faut aussi que les travailleurs aient plus de pouvoir dans l'élaboration, l'application et le contrôle de la sécurité dans les mine

 

 

s.

 

 

 

 

 

 

Les funérailles de Guiseppe GRILLO, tué accidentellement à la fosse Agache

 

Le Jeudi 17 Avril ont eu lieu au milieu d’une nombreuse assistance les funérailles de M Guiseppe GRILLO ouvrier mineur décédé à son travail lors de l'accident dû à un éboulement survenu à la fosse Agache à Fenain.

Après la levée du corps, le sacrifice de la messe fut célébré en l’église de  Sessevalle par Monsieur l'abbé Pétillon assisté de Monseigneur le chanoine Leclercq archidiacre du Douaisis et du R.P Dom Fortunato de la colonie italienne du Douaisis.

A l'absoute au non le Monseigneur l’Archevêque Monsieur le Chanoine Leclercq apportait son salut à la corporation minière durement éprouvée et les condoléances aux familles.

Parmi l'assistance on notait, la présence du consul d’Italie Deneuvillers conseiller général, les représentants des municipalités de Somain et de Fenain MM les représentants de la direction et des agents de maitrise de la fosse Agache; les responsables de l’union locale des syndicats et de nombreux camarades de travail.

Comme on nous le rappelait à l’homélie » encore une fois ce drame nous rappelle que le charbon cette énergie vitale pour la vie de toute une nation 'comme la nôtre ne s'achète pas d'abord avec de l'or mais avec la peine des ouvriers, leur santé et hélas leur vie .Nous devons tous en prendre de plus en plus conscience... Et c’est pourquoi le mineur a droit à d’autant plus d’égard que sa vie est plus exposée aux catastrophes.

 

 

 

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