Mardi 15 décembre

 

Elle reprend dans la matinée et cesse vert 10 heures.

 

Mercredi 16 décembre

 

Pendant la journée et la nuit silence absolu

 

Jeudi 17 décembre

 

Vers 10 heures 30 commence une canonnade qui est beaucoup plus rapprochée que ces jours derniers. Elle est ininterrompue et des plus violente. Des obus sont tombés sur Sallaumines nous dit-on et y on fait des victimes.

On entend aussi le tir dans la direction Sud et dans la direction Nord. Cette forte canonnade se prolonge sans discontinuer jusqu'à 17 heures. Puis elle se ralentit mais elle dure toute la nuit encore très vive  ainsi que la fusillade.

 

  

Vendredi 18 décembre

 

Dès huit heures du matin, le canon recommence à tonner violemment et d’une façon continue comme hier, toujours dans la même direction ; on entend très bien l'éclatement des obus tirés par les alliés. Rien d’étonnant à cela car ils tombent à pas moins de quatre kilomètres ici.

 

Samedi 19 décembre

 

La nuit le combat continue jusqu'à deux heures du matin, puis il reprend vers 7 heures et continue toute la journée, jusqu'au soir. Vers onze heures du matin passent deux aéroplanes alliés ; on leur tire dessus de nombreux coups de canon sans les atteindre. Des débris d'obus tombent tout près de la maison.

 

Mauvais temps, pluie très froide.

 

Les Allemands font de grands préparatifs pour célébrer les fêtes de Noël.

La grande duchesse de Bade a envoyé au Corps d'armée Badois qui est dans la région et auquel appartient l’Etat-major que nous avons, des cadeaux pour tous les officiers et pour chaque soldat.

La salle des fêtes et le bureau du Jour ont été requis pour ces réunions.

L'Etat-major aura son  arbre de Noël dans le grand salon de la maison qui est du reste complètement à sa disposition.

 

J’envoie dans les communes de la concession une instruction relative aux mesures à prendre dans les fosses où on travaille et dans les autres également : mesures de sûreté  pour éviter toute accusation d'espionnage.

J'ai soumis ces instructions à l’Etat-major lui déclarant que j'étais prêt à les compléter  si cela lui paraissait nécessaire et je les ai fait approuver par le Commandant d’Etat-major et son Excellence Von Kehler.

 

Dimanche 20 décembre

 

Le combat continue comme les jours précédents ; voilà donc quatre journées qu’il dure.

 

Lundi 21 décembre

 

Journée calme, nuit également.

 

Mardi 22 décembre

 

Comme hier.

 

Mercredi 23 décembre

 

M. Levallois, médecin, est emmené prisonnier.

Pour quel motif ? On n'en sait rien. On le soupçonne d’espionnage. Rien n'est plus inexact. C’est un homme des plus timorés, mou, qui ne demande que sa tranquillité, et vraiment une pareille accusation est extraordinaire et ne repose sur rien.

 

Dans ces conditions, notre service médical devient impossible. Je cherche à organiser des visites quotidiennes du médecin de Loison, et je demande à l'autorité allemande une permission pour qu'il puisse être amené ici tous les jours en voiture, et de plus que cette voiture soit mise à sa disposition pour cela.

 

Nos officiers préparent pour eux et leurs soldats, la fête de Noël, qu'ils célèbrent en installant des arbres de Noël chargés de cadeaux.

 

Jeudi 24 décembre et vendredi 25 décembre

 

Calme complet pendant ces deux journées.

 

Le jour de Noël, les messes sont célébrées dans l'église de Billy par l'aumônier  de la division, Monseigneur Mayer.

 

Samedi 26 décembre

 

Le canon reprend assez violent, toujours dans la même direction.

 

Il fait un temps très sec et très froid, et les coups raisonnent fortement.

 

Un obus français est tombé sur le carreau du n° 4. La canonnade se poursuit également dans la nuit ainsi que la fusillade.

 

Il arrive depuis quelques jours des troupes d'infanterie en assez grand nombre ; elles stationnent peu de temps à Billy.

 

La situation est toujours la même.

 

Nous continuons à travailler au n° 2, produisant 100 à 120 tonnes par jour ; au nº 10 nous avons commencé l'épuisement, ainsi qu'au nº 9. Au nº 7 nous avons terminé l'enlèvement des cages obstruant le puits ; nous les avons remplacées, car elles étaient brisées, et nous espérons pouvoir commencer l'épuisement demain.

 

Dimanche 27 décembre

 

Vers onze heures un duel d'artillerie s’engage sur tout le front qui nous entoure ; il dure pendant trois heures, et il n'a jamais été aussi acharné. Tout tonne à la fois avec une extrême violence ; les fermetures ne cessent de vibrer. Petit à petit les coups sont espacés jusqu'au soir. Mais la nuit on recommence à canonner avec la même rage et cela dure jusqu'à trois heures du matin.

 

 

Lundi 28 décembre

 

M.Oheimb qui est venu hier de Valenciennes revient ce matin. Il descend dans la mine avec le lieutenant Bründl, officier électricien, qui veut faire une expérience de conductibilité de fil.

 

M.Oheimb est Ingénieur des mines, Directeur d'un charbonnage en Silésie. C'est lui qui s'occupe de la remise en marche des houillères en Belgique et dans la région. Il doit nous procurer de l'essence, des explosifs et des détonateurs.

 

On vient installer dans les écoles communales une ambulance pour 200 lits.

 

Pendant la journée et une partie de la nuit, le canon tonne avec violence, toujours dans la même direction.

 

Un violent ouragan s’élève dans la soirée et dure jusqu'au matin.

 

 

 

 

 

Mardi 29 décembre

 

M. Bründl descend avec des aides pour faire au fond des expériences avec des appareils transmetteurs du son. Il doit poursuivre ces essais pendant 24 heures.

Nous mettons près de lui un surveillant qui ne le quittera pas afin d’éviter qu’il lui arrive un accident et de pouvoir le guider dans la mine.

Nous organisons aussi un service de nuit à la machine d’extraction, tout cela  d'accord avec M. le Comte d’Andelaw, étant donné que c’est par exception aux dispositions approuvées pour le travail par M. Major Von Henning.

 

Le combat est moins violent qu’hier.

 

Mercredi 30 décembre

 

Rien de particulier. La journée et la nuit sont calmes.

 

Jeudi 31 décembre

 

Peu de  canon dans la journée ; de temps en temps seulement de très fortes détonations

 

Journal de bord de Monsieur Lavaurs

retour accueil

Haut